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L’émigration wallonne vers la Suède au XVIIe siècle. Histoire et mémoire

Consacrée à « L’émigration wallonne vers la Suède au XVIIe siècle. Histoire et mémoire », un thème que la Fondation a déjà traité en collaboration avec l’Université d’Uppsala, l’exposition a été montée à Louvain-la-Neuve en septembre 2005, lors de l’accueil par la Fondation et l’UCL de la réunion annuelle de la « Järnkontoret », l’association suédoise d’archéologie industrielle. Elle trouve son origine dans la visite de la famille royale suédoise à Louvain-la-Neuve, en avril 2001, à l’occasion de laquelle la ville d’Ottignies avait accepté de rebaptiser une rue de Louvain-la-Neuve « Rue Louis de Geer ».
L’exposition projetée comprendra trois modules. Le premier sera consacré à la personnalité de Louis de Geer, marchand-fabricant liégeois organisateur de la migration wallonne et à cette dernière.
Le second sera dédié aux témoins wallons actuels d’archéologie industrielle relatifs à la sidérurgie wallonne de l’époque et présentera les sites exceptionnels de Marsole (XVIe s.), de L’Église (Habay) et de Buré d’Orval.
Le troisième sera dédicacé aux sites des complexes wallons conservés en Suède, avec l’ensemble de Forsmark, avec la seule forge wallonne conservée, à Leufsta, et avec les « souvenirs » wallons actuels en Suède (folklore, noms de famille, lexique wallon, associations des Wallons de Suède, etc.).
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L’imaginaire wallon
dans la bande dessinée
Le
projet même de l'exposition repose sur l'idée qu'il
existe, indépendamment de la conscience plus ou moins
vive que l'on peut en avoir, une certaine réalité
wallonne susceptible d'imprégner les diverses expressions
de la culture.
Par « imaginaire » wallon, nous visons assez simplement
une certaine faculté de produire des images « marquées
» de manière semblable par les réalités
régionales. Plus concrètement, une des idées
ayant conduit l'analyse est que l'on atteint jamais l'universel
qu'à travers le singulier et que des récits qui
nous paraissent «indifférents» sur le plan
régional, peuvent se révéler en fait très
situés : lorsque nous suivons les aventures de Natacha,
par exemple, nous éprouvons spontanément les décors
comme «universels» alors qu'ils sont spécifiquement
wallons. Du point de vue du langage, on peut dire que cet imaginaire
propre fonctionne en empruntant ses matériaux à
la réalité wallonne (ses paysages, ses parlers
régionaux, etc.) et en les insérant dans un contexte
narratif où, déformés par ce contexte,
ils acquièrent un sens nouveau. Montrer l'enracinement
de cet imaginaire et dresser un inventaire de certains de ses
éléments constitutifs, tel est un des buts poursuivis
.
Par « wallon », nous entendions désigner
de façon prioritaire les référents wallons,
quel que soit par ailleurs le sentiment d'appartenance des auteurs.
Dans cette mesure, on est parti du postulat qui veut que ces
référents apparaîtraient de façon
plus manifeste chez ceux qui sont issus de nos terres romanes,
mais sans se priver d'autres sources qui auraient pu se révéler
fécondes (tous ceux qui, ayant approché ces réalités
d'une manière ou d'une autre, ont pu s'en imprégner).
Nous avons donc consulté autant les auteurs dont l'enracinement
wallon est manifeste (Servais, Comes, Walthéry, etc.)
que des auteurs en apparence plus neutres (Mitacq, Denayer et
Franz, etc.) ou non wallons (Hergé, Bucquoy, etc.).
Concrètement, l'exposition s'organisait en quatre espaces
présentant des agrandissements de bandes dessinées
relatifs à quatre thèmes repérés
à l'occasion du dépouillement d'un corpus de plus
d'un millier d'albums : les paysages, la présence des
langues régionales, certains éléments sociologiques
ayant une pertinence wallonne et enfin, les croyances et traditions
populaires.
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Patrimoine et mémoire sociale
de Wallonie à travers la bande dessinée
Terre de bandes dessinées, la Wallonie a
produit, depuis trois-quarts de siècle, un nombre impressionnant
d’aventures de papier qui ont fait rêver les jeunes
de 7 à 77 ans. Dans les décors de ces aventures,
à travers les langues exotiques parlées par des
héros lointains, etc., tout un imaginaire wallon s’est
constitué, dont nous autres, qui sommes du pays, ne percevons
pas toujours la spécificité.
De la monnaie syldave, le « khor », chez Hergé,
qui n’est autre que le « caur » wallon désignant
de l’argent (« Il a bran.min des caurs… »,
‘Il a beaucoup d’argent…’), à
la mine de Farsziën chez Mitacq, souvenir d’enfance
de Farciennes, où Michel Tacq passait ses vacances chez
son grand-père, d’innombrables images renvoient
à nos réalités wallonnes.
Le thème « Au fil du labeur » retenu pour
ces XIVe journées du Patrimoine en Wallonie nous invitait
donc à des itinéraires variés à
travers notre patrimoine imaginaire tel que l’ont fixé
les créateurs de chez nous. Quelle surprise de découvrir
au détour des cases l’activité des «
faudeux », fabricants de charbon de bois, ou les forges
de Mellier-Haut à l’Église, souvenirs de
la métallurgie d’Ancien Régime ! Quel étonnement
de trouver dans un décor étrange, les bâtiments
du Grand Hornu ou le haut fourneau d’Ougrée !
L’exposition propose de redécouvrir ces lieux d’hier
et d’aujourd’hui qui ont à ce point marqué
nos mémoires que, frappés comme nous par la beauté
de ces sites imprégnés du travail des hommes,
les auteurs de bandes dessinées les ont fait revivre
dans leurs histoires et nos esprits. Au-delà de la beauté
de ces lieux, c’est aussi la mémoire des luttes
émancipatrices qui nous ont fait ce que nous sommes et
dont le souvenir nous invite à jeter un regard nouveau
sur les combats d’aujourd’hui.
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Image de la Wallonie
dans le dessin de presse (1900-1961)
Par
sa nature même, le dessin de presse offre un caractère
polémique qui se prête particulièrement
bien au discours revendicatif : aussi est-ce tout naturellement
à travers la presse wallonne de combat que l'on trouve
le plus de « caricatures » mettant en scène
la Wallonie. Si donc le corpus constitué à l'occasion
de l'exposition (environ 500 dessins) ne peut pas être
considéré comme représentatif de toutes
les tendances de l'opinion, il présente néanmoins
l'avantage de mettre en évidence une série d'éléments
que seuls pouvaient percevoir ceux chez qui le sentiment d'appartenance
wallonne était le plus vif.
Concrètement, l'exposition tente d''articuler trois dimensions
incontournables de tout essai d'analyse de « l'imaginaire
wallon » à travers le dessin de presse : la dimension
chronologique, la dimension thématique et la dimension
artistique. Du point de vue chronologique, L'exposition tient
compte des grandes étapes historiques du développement
des revendications wallonnes, des premiers balbutiements du
mouvement wallon aux grandes grèves de 1960-1961, et
propose un parcours décapant à travers le temps.
D'un point de vue thématique ensuite, l'exposition intègre
une approche des éléments récurrents présents
à travers toutes les périodes, que ce soit en
termes de représentations wallonnes (l'idée que
« la Belgique, c'est la Flandre », la perception
de la Wallonie comme une terre de grande industrie, porteuse
du progrès social, etc.), ou en termes de présence
des grandes figures du combat wallon (Jules Destrée,
André Renard, etc.)… D'un point de vue artistique
enfin, l'exposition tente de faire place aux grands graphistes
qui ont illustré le genre en Wallonie (Ochs, Paul Caso,
A. Servais, etc.) et de s'interroger sur l'existence de spécificités
narratives, iconiques, etc.
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Musée du Coq
Lors de la construction de sa Maison,
en 1991, la Fondation a bénéficié du don
généreux de la collection de coqs de Marcel Patigny
(1927), parmi lesquels figurent quelques beaux spécimens
de coqs wallons (coq hardi de gueule à la dextre levée).
Ce petit clin d’œil à l’emblème
de la Wallonie a trouvé sa place dans un petit musée
spécialement conçu à cet effet et qui s’ouvre
sur un jubé surplombant la grande salle de la Fondation.
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