Lauréats du "Prix enseignement supérieur" mémoire et thèse

Lauréats du prix 2012 :

Prix Mémoire :

Lucas Gossiaux , Valorisation de la biomasse ligneuse issue de sites pollués en éléments-traces métalliques, Université de Liège, Sciences et technologies de l’environnement, 2011-2012.

L’essor industriel amorcé au début du XIXe siècle contribua au développement économique de la Wallonie, mais il a laissé des traces indélébiles dans notre paysage. Les éléments-traces métalliques (ETM) extraits des gisements, ont été dispersés dans l’environnement, à des concentrations menaçant localement les écosystèmes en place et la chaîne alimentaire. Les sites pollués constituent aujourd’hui un héritage difficilement gérable de notre industrialisation. À l’échelle de la Wallonie, une partie de ces sites a déjà été réhabilitée, mais une superficie considérable ne sera pas assainie ni à court ni à moyen terme, pour des raisons économiques et techniques.

Ce travail s’intéresse au potentiel de valorisation de la biomasse ligneuse sur les sites pollués en ETM.  Les arbres, en poussant, prélèvent des ETM dans le sol. Nous avons donc procédé à une campagne d’échantillonnage de morceaux de bois pour nous assurer que les concentrations en polluant dans le bois cadrent avec une valorisation énergétique ou « matière ». Nous avons ensuite envisagé des filières pour cette ressource : l’industrie du panneau de bois, l’industrie cimentière, l’industrie papetière, les chaudières à déchets de bois, les chaudières à combustibles humide. Pour ce faire, nous avons interrogé divers acteurs économiques wallons (CBR, Recybois, Cobelpa, Spanolux).

Ce travail constitue ainsi la première étude de faisabilité technique relative à la valorisation énergétique et « matière » du bois qui pousse sur site pollué en ETM à travers diverses filières. Les résultats sont encourageants et, bien que des études complémentaires soient nécessaires, prouvent qu’une valorisation est techniquement envisageable.

 

Lauréats du prix 2010 :

Prix Thèse :

Émilie Corswarem, De la ville à l’église. Musique et musiciens à Liège sous Ernest et Ferdinand de Bavière (1581-1650), Université de Liège, Faculté de philosophie et lettres, 2008-2009.

Cette réflexion historico-sociale sur la vie musicale liégeoise est élaborée en cinq grands volets. Son schéma structurel s’apparente à un jeu de zoom, alternativement ouvert sur la ville, resserré sur certaines de ses institutions musicales puis largement agrandi sur les mouvements des musiciens extra muros. L’analyse se focalise d’abord sur les « ruptures sonores » créant l’événement dans le quotidien bruité de la ville et soulignant le rôle actif de la musique et du son, instrumentalisés par les différents agents du pouvoir. L’examen porte ensuite sur les églises liégeoises, en particulier sur le fonctionnement institutionnel de la maîtrise de la cathédrale Saint-Lambert et sur l’agencement liturgico-musical qui y prévaut. Dans les deux dernières parties de la thèse, le regard se déploie sur le mouvement des musiciens dans l’Empire et dans la ville de Rome. En suivant Ernest et Ferdinand de Bavière dans leurs déplacements entre les différents évêchés dont ils ont la charge, il est possible de saisir quelques traces de leur usage privé de la musique. Le dernier volet du travail a, quant à lui, permis de mesurer l’actualité du voyage formatif à Rome, d’en étudier les modalités et d’examiner l’éventuel soutien des institutions liégeoises à un tel perfectionnement musical. Un dictionnaire biographique des musiciens actifs à la cathédrale Saint-Lambert de Liège entre 1580 et 1650 et/ou au service d’Ernest et de Ferdinand, doublé d’un catalogue des œuvres des compositeurs actifs à Liège et à la cour des princes-évêques constitue une annexe importante au travail.

Prix Mémoire :

Geoffroy Mertens, La place de la musique traditionnelle wallonne dans la société contemporaine : étude de sa diffusion radiophonique, Université de Liège, Faculté de philosophie et lettres, 2009-2010.

L’objet de ce travail est la musique populaire traditionnelle wallonne aujourd’hui, en termes d’identité culturelle. La Wallonie paraît très morcelée sur le plan de l’identité collective de tous ses habitants. Comment cette dernière se manifeste-t-elle au quotidien ? Quel est le rôle joué par la mondialisation, les mouvements de population, la place du dialecte wallon dans la société et d’autres influences culturelles extérieures ? L’hypothèse de départ repose sur l’idée que le répertoire traditionnel wallon, du point de vue de sa diffusion radiophonique, et l’identité culturelle wallonne sont sensiblement liés l’un à l’autre. La musique populaire wallonne, dans les médias, semble se trouver dans la même situation que le sentiment culturel identitaire au sein de la société contemporaine wallonne. Au cours de mes recherches, il est apparu qu’une musique populaire traditionnelle métissée, semblait prendre la place, dans les médias, de la musique populaire traditionnelle wallonne. L’émission de Didier Mélon, l’une des seules à s’être spécialisée dans le domaine de la musique populaire traditionnelle wallonne, est tout à fait représentative de ce phénomène. La part belle est faite à la « musique du monde », mais de ce fait il ne reste que très peu de place pour la musique populaire traditionnelle wallonne. En Wallonie, la musique populaire traditionnelle semble souffrir de cette situation, alors qu’en Bretagne cela ne semble pas être le cas… La musique traditionnelle bretonne, forte du soutien du sentiment culturel identitaire breton, paraît ne pas être déstabilisée par cette concurrence. La mondialisation paraît avoir frappé plus fort en Wallonie qu’en Bretagne. La culture traditionnelle bretonne semble avoir mieux résisté à ces influences que la culture traditionnelle wallonne. Là ou la musique traditionnelle wallonne s’est fermée, en grande partie, à un métissage au contact d’influences extérieures, la musique traditionnelle bretonne s’est-elle tout à fait ouverte à l’extérieur. Cette différence paraît trouver son explication dans la prépondérance du sentiment culturel identitaire breton par rapport au sentiment culturel identitaire wallon.

Le jury tient cependant à décerner à Justine BAUDOT une mention spéciale pour l’intérêt sociétal de son travail : Le stress des agriculteurs dans lʼagriculture conventionnelle wallonne. État des lieux de la situation dans les exploitations agricoles de type familial, Université libre de Bruxelles, Faculté de philosophie et lettres, 2009-2010.

 

Lauréats du prix Mémoires 2009-2010

François Randour, Parlementarisme régional et construction européenne : Comment le Parlement Wallon et le Parlement de la Communauté française de Belgique s’adaptent-ils à la construction européenne ?, Université Libre de Bruxelles, Institut d’études européennes, Bruxelles, 2008-2009.

Souvent présenté comme les « perdants » de l’intégration européenne, les parlements nationaux (et régionaux) sont récemment revenus sous la lumière des projecteurs. Le parlementarisme est ainsi présenté comme traitement de « premier secours » au déficit démocratique tant décrié ces dernières années. Plus particulièrement, le Traité de Lisbonne, et son protocole sur la subsidiarité et la proportionnalité, offre aux parlements un rôle nouveau : celui de « gardien » du contrôle de subsidiarité. Cette recherche, réalisée quelques mois avant l’entrée en vigueur dudit traité, avait pour objectif d’analyser la manière dont le Parlement Wallon et la Parlement de la Communauté française de Belgique s’adaptent à la construction européenne.  Peut-on observer le développement de structures administratives et politiques spécialisées sur les questions européennes ? Qu’elle est la perception des parlementaires régionaux et communautaires vis-à-vis de leurs nouvelles compétences ? La situation de la Belgique est en effet particulière puisqu’elle possède des régions dites « législatives » également responsables de la transposition des législations européennes dans leurs domaines de compétences. Par ailleurs, la déclaration unilatérale n°51 du Royaume de Belgique annexé au Traité de Lisbonne reconnaît aux chambres régionales/communautaires un statut égal aux chambres nationales. A l’aune du débat portant sur le déficit démocratique, la question de l’adaptation des parlements régionaux à la construction européenne s’avère donc être un enjeu à prendre en considération pour les années à venir.

 

  • Lauréats du prix 2008
  • Marie DESCAMPS, Approche d’un gisement d’économie d’énergie par la rénovation du secteur résidentiel wallon, Université de Liège, Liège, 2007-2008.

    Résumé :

    L’habitat belge à proprement parler se caractérise essentiellement par la multiplication des maisons dites « 4 façades » ou de l’habitat « pavillonnaire ». Ce type d’habitat est particulièrement énergivore, tant par sa forme, sa dispersion que par sa localisation. Le niveau d’isolation thermique globale K imposé actuellement en Région wallonne (K 55) est extrêmement peu sévère,,,, mais pourtant faiblement respecté. On estime que moins de 20 % des nouvelles constructions respectent cette norme d’isolation K55. De plus, cet indicateur est incomplet par rapport au bilan énergétique global du bâtiment, puisqu’il ne concerne que l’isolation thermique globale, sans tenir compte des pertes de ventilation, des apports solaires, de l’énergie primaire etc. Le potentiel de rénovation des logements existants est donc clairement à mettre en évidence. Ce travail est dès lors ciblé sur la rénovation des logements et la détermination d’un potentiel global de rénovation. Quelles sont les actions les mieux ciblées et les plus efficaces à mener à bien, tant du point de vue des pouvoirs publics ou que du particulier ? Selon la situation géographique et la typologie architecturale, quels sont les meilleurs choix à poser pour optimiser l’efficacité des mesures mises en œuvre et garantir leur fiabilité économique ?

    Mention spéciale du prix de mémoires 2008 :
    Le mémoire suivant a également reçu une mention spéciale du jury pour un travail de grande qualité scientifique et formelle ouvrant des perspectives de recherche pertinentes sur la connaissance et le développement de la Wallonie.

    Chiarella MATTERN, L’Église évangélique de Pentecôte Beulah à Seneffe : croyance, famille et combat spirituel, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 2007-2008.

    Résumé :

    La Wallonie, comme toute autre région du monde, s’inscrit dans un décor globalisé dont la lecture ne peut se faire sans l’observation de la pluralité qui le compose. Elle est caractérisée par une importante multi-culturalité car elle est un des points d’aboutissement de trajectoires migratoires souvent fastidieuses trouvant leur source aux quatre coins du monde. Les enjeux et conséquences de ce processus sont nombreux pour la région. En effet, tout au long des différents parcours migratoires, ces personnes emmènent avec elles culture et religion, langue et habitudes de vie. Ainsi, l’on observe dans la plupart des villes wallonnes l’apparition de réseaux et dynamiques regroupant les immigrés issus d’un même pays, tentant de combiner identité d’origine et nouvelle identité. C’est dans ce contexte d’instabilité et d’insécurité que se développent, depuis 1990, une multitude d’Églises « pentecôtistes » dans toutes les grandes villes wallonnes. Ces Églises présentent autant de lieux où le fidèle nouvellement arrivé peut retrouver la cohérence et l’apaisement de ses nombreuses blessures. Religion syncrétique, celle-ci intègre dans sa doctrine des éléments propres aux formes occidentales de modernité, ce qui tend à l’ancrer profondément dans nos régions. À travers l’étude d’une Église pentecôtiste située dans le Hainaut, ce mémoire anthropologique tente d’éclairer une facette de la Wallonie jusqu’ici peu documentée et pourtant fortement développée dans la région.




  • Lauréats du prix 2007
  • Pierre THILLY, lauréat du prix de thèse :
    André Renard. Biographie, Université catholique de Louvain, Département d'histoire, 2004 (Le Cri, Bruxelles, 2005).

    Résumé :

    Basé sur des sources souvent inédites, belges et étrangères, et sur des témoignages exclusifs, ce livre est la première biographie consacrée à André Renard, l’une des figures marquantes de l’histoire de la Belgique contemporaine. Leader syndical belge, européen et international, Renard s’est bâti une réputation d’homme d’action qui a largement dépassé les frontières de la Belgique au travers de son combat pour la participation du monde du travail à la construction européenne. Régent de la Banque Nationale de Belgique, secrétaire général adjoint de la FGTB, président du comité consultatif de la CECA, André Renard participe à tous les débats et événements de l’après-guerre – comme l’affaire royale et la guerre scolaire –, notamment en défendant le grand dessein des réformes de structure de la société belge. Convaincu du caractère vital du combat wallon, André Renard fonde à la fin de sa vie le Mouvement Populaire Wallon (MPW), jalon important dans la réalisation du fédéralisme « à la Belge » . Issu d’une famille ouvrière, André Renard a incarné mieux que quiconque l’âme ouvrière au point d’être élevé au rang de mythe par plusieurs générations de militants de la cause wallonne. Au point d’oublier l’homme dans son temps, avec ses réussites et ses échecs, qui sont au cœur de cette biographie.


    Xavier FOLLEBOUCKT, co-lauréat du prix mémoire :
    La Presse de l’activisme wallon. Presse censurée et activisme wallon en Belgique occupée (1914-1918). Représentations et revendications, Université catholique de Louvain, Département d‘Histoire, 2006-2007.

    Résumé :

    Le travail a pour objet l’activisme wallon durant la Grande Guerre, à travers l’étude de la presse censurée. En 1914-1918, le territoire belge est occupé dans sa presque totalité par les Allemands, qui imposent une censure à la presse et exercent sur elle une influence directe.
    L’étude s’attache, dans un premier temps, au phénomène particulier de la presse belge censurée, afin d’en comprendre les mécanismes, les principes et les enjeux. Dans un second temps, l’analyse focalise l’attention plus spécifiquement sur la presse de l’activisme wallon. L’activisme wallon, mouvement de revendication minoritaire au sein du Mouvement wallon, agira à cette époque pour faire connaître ses objectifs et réaliser son projet pour la Wallonie, avec le soutien de l’occupant. Dans cette optique, les activistes publieront plusieurs journaux destinés à diffuser leur message et à appuyer leur action. L’Avenir Wallon, Le Peuple Wallon et L’Écho de Sambre et Meuse sont ainsi les représentants journalistiques du mouvement activiste wallon. Un autre journal militant wallon mais non-activiste, L’Opinion Wallonne, est également étudié afin de situer le phénomène de l’activisme wallon au sein du Mouvement Wallon dans son ensemble, d’en comprendre les inspirations, les revendications et les réalisations .


    Guillaume DE MARNEFFE, co-lauréat du prix de mémoire :
    Les performances économiques des anciens bassins d’industrialisation en Europe, Université catholique de Louvain, Sciences économiques, 2006-2007.

    Résumé :

    La recherche a pour objet de comparer des performances de la Wallonie avec celles d’autres anciens bassins industriels européens. Elle permet de réaliser un diagnostic comparatif du processus de reconversion de l’économie wallonne. Les moins bonnes performances économiques de la Wallonie par rapport aux autres anciens bassins industriels européens sont réelles. Des pistes de reconversion basée sur les expériences d’autres anciens bassins sont proposées : une utilisation plus active des fonds structurels européens en faveur de la création d’entreprises et de la formation.




  • Lauréats du prix 2006
  • Guillaume GODIN, lauréat du prix de mémoire :
    Étude de la structure génétique d’une population de Formica polyctena Förster (Hymenoptera : Formicidae), Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 2004-2005.

    Résumé :

    La forêt wallonne conserve une espèce de fourmis qui retient l’attention de nombreux biologistes depuis quelques décennies : la fourmi rousse Formica polyctena Forster. Leur travaux ont montré que les fourmis rousses jouaient un rôle majeur dans l'équilibre des forêts de l'hémisphère nord. Elles éliminent notamment de nombreux arthropodes nuisibles et préviennent les explosions démographiques de ceux-ci. Ce dernier rôle rend ces fourmis particulièrement intéressantes pour les activités de sylviculture. En effet, des quantités impressionnantes de mètres cubes de bois sont perdus chaque année à cause des insectes xylophages, entraînant une perte nette pour l'exploitation sylvicole wallonne. Les fourmis rousses donc des animaux, non seulement à protéger, mais dont le développement des populations doit être favorisé.
    Le travail n’est qu'une première pierre posée vers une meilleure compréhension de la biologie de cette espèce. Un doctorat devrait permettre de mettre en évidence l'impact de la fragmentation de l'habitat forestier wallon sur la survie des populations de fourmis rousses. Nos forêts de Wallonie ont tout à gagner si une action humaine est menée pour réparer le tort commis envers leurs petites nettoyeuses !




  • Lauréats du prix 2005
  • Hélène SOYEURT, lauréate du prix de mémoire :
    Variabilité intra- et inter-races du profil des acides gras de la matière grasse du lait, Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux, Gembloux, 2004-2005.

    Résumé :

    Par une analyse statistique affinée, le travail étudie l’importance de la matière grasse du lait et ses composantes en acides gras saturés — en général mauvais pour l’alimentation humaine — et en acides gras insaturés dont les Omégas 3 — favorables —. Son étude montre les variations des chiffres selon les races et les variantes intra-races, ouvrant sur une sélection par l’héritabilité et la génétique. La race la plus favorable par son profil en acides gras se révèle être la Bleu Blanc Mixte de chez nous. Le travail est ainsi tout à fait original en ne limitant pas la sélection des bêtes à la matière grasse totale, mais en développant une étude de la composition de cette matière grasse permettant d’envisager une sélection animale axée sur la qualité nutritionnelle de cette matière. Il n’est donc pas question ici d’agir sur l’alimentation, par exemple en utilisant des graines de lin améliorant les Omégas 3, mais bien de valoriser la race la plus adéquate.
    En ce sens, ce travail rencontre doublement l’objectif du prix de la Fondation : « contribuer au développement ou la connaissance de la Wallonie ». Terre d’élevage dans la plupart de ses régions, la Wallonie connaît certaines difficultés face à la concurrence européenne, voire mondiale. Le mémoire primé permet de donner aux éleveurs des pistes de développement régional et international pour le lait, produit essentiel de leur labeur. Par ailleurs, l’étude permet de valoriser une race bovine qui fait partie du patrimoine agricole de la Wallonie, ilustre son savoir-faire ancestral dans cette matière et contribue à valoriser positivement son image de marque au plan international.




  • Lauréats du prix 2004
  • Anne-Christine DA SILVA, lauréate du prix de thèse : 
Sédimentologie de la plate-forme carbonatée frasnienne belge, Université de Liège, 2004.

    Résumé :

    La Wallonie est une région qui depuis le XVIIIe siècle est étudiée par des géologues chevronnés qui ont permis un développement de cette discipline de manière exceptionnelle. Ainsi, la Wallonie a été une des premières régions du monde à se doter de cartes géologiques précises sur l’ensemble de son territoire. Cet intérêt précoce a conduit à la reconnaissance de nos roches à un niveau mondial. Ainsi, le terme Frasnien est utilisé par les géologues de tous les pays pour désigner les roches âgées de 376 à 382 millions d’années. Les termes Famennien, Tournaisien, Viséen, Dinantien et Namurien sont également internationalement reconnus et utilisés.
    Au cours du Frasnien, la Wallonie, grâce au jeu de la tectonique des plaques, se trouvait à une trentaine de degrés de latitude sud. Le climat de l’époque est particulièrement chaud et le niveau des océans est élevé. La Wallonie apparaît recouverte d’un océan de nature tropicale au sein duquel se développent des récifs en abondance.
    La thèse de doctorat présentée ici concerne l’étude de 14 affleurements répartis sur toute la Wallonie. Il s’agit de comprendre et de reconstituer les conditions environnementales qui régnaient à l’époque et l’évolution de ces récifs au cours du temps. La première partie de ce travail reprend une description précise de la nature des différentes roches observées et des fossiles (chapitre 4) et des différents paramètres chimiques (chapitre 5). Ces différents résultats descriptifs sont intégrés pour proposer une interprétation des environnements et de leur évolution au cours du temps en identifiant les variations du niveau marin (hausse et baisse du niveau de la mèr) qui ont pu se produire (chapitre 6). Enfin, la combinaison des chapitres précédents conduit a proposer une image de la plate-forme carbonatée wallonne et des changements qu’elle a pu subir au cours du temps (chapitre 7). Dans ce travail, nous testons également une technique qui est la susceptibilité magnétique (chapitre 8). Nous avons pu démontrer la validité de la technique pour effectuer des corrélations entre les différentes roches (ce qui est prépondérant à la compréhension des roches sédimentaires). Les données qui ont été récoltées et les différentes interprétations de ce travail permettent de mieux comprendre le fonctionnement de la technique et de pouvoir ainsi l’appliquer à d’autres roches. Un volume annexe propose un inventaire précis de chaque affleurement étudié, des roches qui y sont observées et des fossiles qu’elles contiennent, ainsi que de nombreux schémas explicatifs.
    Cette thèse permet de mieux comprendre le passé géologique de la région Wallonne et plus particulièrement la période de 382 à 376 millions d’années et ses abondants récifs tropicaux. Les nombreuses descriptions et interprétations pourront être utilisées par d’autres géologues pour aider au développement de la Wallonie. Par exemple, la région wallonne a mis en place le renouvellement des anciennes cartes géologiques et ces données seront précieuses pour les cartographes. La Wallonie est également une région qui comprend de très abondantes exploitations calcaires (pour la chaux, les granulats) qui représentent un énorme impact économique. La compréhension des roches est indispensable pour que l’exploitation soit la plus rentable possible. De plus, d’un point de vue international, il est important de publier sur les affleurements frasniens remarquables de Wallonie pour maintenir l’intérêt qui leur a déjà été port
    é.

     

    Andreia LEMAITRE, lauréate du prix de mémoire :
 Les entreprises sociales d’insertion par le travail en Région wallonne face à l’institutionnalisation. Quels effets sur leurs objectifs et leurs ressources, Université catholique de Louvain, Développement, Environnement et Sociétés, Louvain-la-Neuve, 2004.

    Résumé :

    Ce mémoire est le fruit de l’engagement d’Andreia Lemaître dans un travail de terrain qu’elle a effectué sur le territoire wallon à partir de sa participation au Centre de Recherche Interdisciplinaire pour la Solidarité et l’Innovation Sociale (CERISIS-UCL) à Charleroi (http://www.cerisis.opes.ucl.ac.be) en tant qu’économiste.
    La motivation de ce travail est d’enrichir la connaissance des multiples initiatives d’économie sociale actives en Région wallonne, qui, bien que peu connues, ont participé au développement des politiques publiques et semblent une voie de développement à considérer, dans un contexte de crise du couple traditionnel État- marché. En particulier, l’auteur s’est attaché aux initiatives actives dans l’insertion par le travail de personnes défavorisées, dans un contexte de dualisation croissante du marché du travail (entre travailleurs fortement et faiblement qualifiés) et de persistance d’un noyau structurel de chômage important. Enfin, le souhait d’Andreia Lemaître est que ce travail contribue au débat public, sur la manière dont les politiques publiques soutiennent ces diverses initiatives non-lucratives de lutte contre l’exclusion sociale, un des grands défis sociaux de la région wallonne.

     

    Mélanie DE GROOTE, mention spéciale du prix de mémoire : 
L’affaire de Louvain (1968) à partir de l’iconographie, Université catholique de Louvain, Faculté de Philosophie et Lettres, 2003-2004.

    Résumé :

    Ce mémoire se répartit en deux grandes sections. La première, théorique, traite de l’image, de la mémoire et de l’histoire : la question des images (création et réception) comme source pour l’histoire, celle de la mémoire et des questions qu’elle soulève dans un travail scientifique (mémoires collective, individuelle, officielle…) et enfin des méthodes d’analyse des images dans une visée historique. Avant de travailler sur une image précise, l’auteur se devait de mettre au point une méthode d’analyse scientifique et de s’interroger sur les questions épistémologiques relatives à l’image, à la mémoire, et à leur rapport à l’histoire en tant que discipline scientifique.
    C’est dans cette perspective que, dans la deuxième section de ce travail, Mélanie De Groote a étudié la fresque monumentale de Claude Rahir1 , artiste wallon, et les problèmes linguistiques à Louvain dans les années soixante et septante, et ce comme application directe de la première partie, davantage théorique.


    Céline JANSSENS, mention spéciale du prix de mémoire : Étude d’un Projet d’Exportation : Introduction de CHIMAY FROMAGES en Espagne, Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix, Sciences économiques, sociales et de gestion, 2003-2004.

    Résumé :

    Ce mémoire traite d’un projet d’exportation vers le marché espagnol d’une entreprise wallonne, Chimay Fromages. Il a été réalisé en collaboration avec l’AWEX, Agence Wallonne à l’exportation, dans le cadre du programme « mémorant ». Ce travail se veut être un outil d’aide à la décision pour l’entreprise. Il vise à décrire la structure du marché, à déterminer si l’exportation vers le territoire espagnol est une orientation séduisante pour Chimay Fromages et à soumettre une réflexion quant à la manière de l’aborder. L’objectif est de communiquer à la société l’attrait que revêt pour elle le marché espagnol ainsi que ses atouts et ses faiblesses pour ce marché. En conclusion, l’auteur fourni, en fonction de ses résultats, des propositions de stratégies de pénétration.




  • Lauréats du prix 2003
  • Romain DUVIVIER, lauréat du prix de mémoire : L’apport des théories de la croissance endogène à l’explication des disparités régionales de croissance : le cas de la Wallonie et de la Flandre, Université catholique de Louvain, 2001-2002.

    Résumé :

    Quant au développement économique et sociale de la Wallonie, quelles peuvent être les raisons pouvant expliquer son retard relatif par rapport au Nord du pays ? Les travaux de l’historien Bairoch ont mis en évidence que la Wallonie était parmi les plus grandes puissances industrielles mondiales lors de l’indépendance de la Belgique. Aujourd’hui, elle est classée parmi les régions en retard économique et, de ce fait, bénéficie de soutiens européens…
    L’étude cherche à mettre en évidence certains éléments propres à la région wallonne qui permettent d’expliquer son retard relatif par rapport à la Flandre. Dans un premier temps, elle s’intéresse aux théories de la croissance endogène qui conduisent  à isoler les facteurs généralement considérés comme « sources de croissance économique ». Partant de cet enseignement théorique, elle s’intéresse ensuite aux éléments sources de disparité entre le Nord et le Sud du pays pouvant expliquer le déclin relatif wallon.
    Cette démarche permet de mettre en évidence un certain nombre de facteurs qui ont été défavorables au développement économique de la Wallonie et qui, par conséquent, permettent de comprendre la situation économique actuelle. En mettant en lumière les éléments qui pourraient contribuer au développement futur de la Wallonie, la réflexion ouvre également le débat sur les orientations que devraient prendre les décisions politiques en cette matière. Une telle réflexion semble essentielle à un moment ou la « volonté de mieux faire » semble bel est bien présente (« Contrat d’avenir pour la Wallonie ») et où le discours de certains hommes politiques du Nord du pays amène à penser que la Wallonie doit impérativement mieux faire : à l’avenir, en effet, elle pourrait n’avoir plus à ne compter que sur elle-même !




  • Lauréats du prix 2002
  • Karim BOUSBAA, lauréat du prix de mémoire :
 L’informatisation communale, Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix, Namur, 2000-2001 (Institut d’informatique).

    Résumé :

    Aboutissement d’une maîtrise en informatique aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, l’étude porte sur l’informatisation des communes wallonnes. Elle à été menée en collaboration avec la Direction générale des pouvoirs locaux du Ministère de la Région wallonne (DGPL) et envisage deux orientations susceptibles d’aider la Région wallonne à mieux informatiser ses communes.
    D’une part, elle comporte une approche théorique analysant les spécificités de l’administration communale, du point de vue de l’informatisation (en ce compris un questionnaire d’une trentaine de pages destiné aux communes wallonnes afin de sonder la situation actuelle). D’autre part, elle présente un produit logiciel complet et fonctionnel, consistant en un tableau de bord récapitulant les réponses données au questionnaire mentionné supra.
    L’étude fut par la suite le point de départ d’une étude de plus grande envergure menée pour le compte de la Région wallonne par des consultants privés.




  • Lauréats du prix 2001
  • Thomas COOMANS, lauréat du prix de thèse :
 L'abbaye de Villers en Brabant. Construction, configuration et signification d'une abbaye cistercienne gothique, Racine-Cîteaux (Université catholique de Louvain), décembre 2000.

    Résumé

    Les ruines de l'abbaye de Villers sont un des hauts lieux culturels du Brabant wallon et de la région wallonne qui les a d'ailleurs inscrites sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie. En faire l'étude scientifique — en combinant les méthodes historique, archéologique, architecturale, iconologique et comparative — consistait à contribuer de manière décisive à sa connaissance scientifique, prémisse indispensable à une mise en valeur touristique future.
    Le livre publié par les Éditions Racine parvient à combiner les impératifs de l'édition scientifique et de la reproduction d'une iconographie variée et largement inédite. En 624 pages, avec près d'un milliers d'illustrations (photos, plans, relevés, documents, etc.), l'abbaye de Villers devient beaucoup plus qu'un ensemble de belles ruines ; elles acquièrent leur dimension de pôle intellectuel et culturel au sein d'une région.


    Véronique DUCHENNE, mention d'encouragement pour sa thèse : 
Approche ethnographique des enjeux culturels du développement touristique de Treignes et de ses environs, Université catholique de Louvain, 2001.

    Résumé :

    Treignes, petit village de 650 habitants situé au sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse, est soumis, depuis quelques années déjà, à une politique intensive de développement touristique dans l'optique de lutter contre les affres du déclin industriel et un taux de chômage particulièerement préoccupant. Les attractions touristiques qui fleurissent dans la commune exploitent tour à tour les ressources naturelles et culturelles considérées comme typiques de la région.
    Ce travail prend pied à Treignes et ses alentours pour explorer une double problématique, inscrite dans le champ théorique et méthodologique de l'anthropologie de la communication.
    D'une part, l'observation porte sur les modifications subies par l'espace rural sous l'effet de sa “ mise en tourisme ”. Il s'agit d'analyser les traits culturels qui sont mis en exergue (dans les musées, mais aussi, par exemple, dans les topoguides destinés aux promeneurs) et de problématiser le lien qu'ils entretiennent avec l'espace qu'ils cherchent à expliciter. Tourisme culturel et tourisme rural s'y conjuguent — effets de mode obligent —, et transforment l'espace rural en vaste support didactique et récréatif offert à la curiosité des visiteurs.
    D'autre part, ce travail conçoit et expérimente un dispositif méthodologique permettant l'observation des touristes avant, pendant et après leur passage dans la région. Ces observations permettront de comprendre comment l'espace rural, tel que remanié pour correspondre à sa nouvelle vocation touristique, est perçu et pratiqué par les touristes de passage. Au vu de la faisabilité de ce type de démarche, les prospections se concentrent sur une catégorie particulière de touristes, relativement peu étudiée par la sociologie du tourisme : les excursionnistes. Choisis expressément pour leur proximité culturelle avec le lieu visité — il s'agit bien de touristes wallons parcourant la Wallonie —, ces visiteurs d'un jour s'approprient les lieux qui leurs sont proposés dans un but avoué de développement de leurs connaissances. L'observation montre toutefois, entre autres, que tant le contexte social de la visite (groupée) que la propension des attractions à se constituer en lieux de mémoire et de patrimoine, conduisent davantage les visiteurs à “ s'y reconnaître ” qu'à les “ connaître ” (M. Augé).


    Pierre FONTAINE, co-lauréat du prix de mémoire :
 Jean Louvet, Lois sociologiques et spécificité littéraire, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, janvier 2001.

    Résumé :

    La personnalité et l'œuvre de Jean Louvet ont amené l'auteur à réfléchir sur plusieurs questions liées aux perspectives culturelles et politiques de la Wallonie. Comme personnalité intellectuelle, artistique et militante, Jean Louvet a contribué à investir la réflexion sur le fédéralisme, mais il a surtout pris appui sur la Wallonie pour inscrire son oeuvre littéraire dans un cadre de société qui faisait sens.
    Cette étude remplit deux objectifs. D'une part démontrer la cohérence d'une réflexion sociologique à l'égard d'une œuvre littéraire; d'autre part enquêter sur le champ littéraire wallon et rendre compte de la diversité culturelle au sein de l'espace francophone. L'auteur soulève et répond à deux questions : Comment l'activité culturelle contribue-t-elle à la réflexivité sur la société ? ; Comment l'organisation du sens et la lutte pour le monopole de celui-ci déterminent-ils les représentations et les rapports sociaux ? En définitive, ce sont les enjeux de la décentralisation culturelle et politique qui alimentent cette synthèse.


    Laurent HENDSCHEL, co-lauréat du prix de mémoire : Vers la substitution linguistique en wallonie ? Étude de quelques modèles de la substitution linguistique, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve,1999.

    Résumé :

    A-t-on suffisamment évalué l'impact sur la société wallonne du changement de langue qu'a connu notre pays au cours du XXe siècle ? Ce changement de langue est une réalité en train de se jouer sous nos yeux : dans les années 1930, environ 80 à 88 % de la population disaient s'exprimer préférentiellement en wallon. Aujourd'hui, les enquêtes s'accordent à dire que moins de 10 % des jeunes de moins de 30 ans s'affirment encore capables de s'exprimer en wallon.
    L'impact culturel, socio-économique, psychologique, etc. de la convulsion linguistique qu'a connue notre pays demeure un terrain inexploré par le milieu scientifique wallon. Le présent travail lance à cet égard quelques pistes de réflexion, en s'inspirant des courants sociolinguistiques modernes. Parallèlement, il interroge ce silence de la linguistique wallonne sur l'inscription sociale de son objet et propose quelques amorces de réponse.
    Le but avoué d'une telle étude est donc aussi de compléter une certaine tradition limitant l'étude du wallon à ses caractéristiques “ purement linguistiques ” (surtout dialectologiques et étymologiques) et à ses manifestations littéraires. D'emblée, l'auteur prend le parti de considérer les langues en présence en wallonie comme des ressources culturelles parmi d'autres, qui doivent être gérées en harmonie pour contribuer à l'épanouissement d'une société.




  • Lauréats du prix 2000
  • Anne ROEKENS, lauréate du prix de mémoire :
    Le contentieux communautaire à travers la caricature politique belge (1971-1980), Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, septembre 1999.

    Résumé :

    Le contentieux communautaire à travers son expression dans la caricature politique belge publiée entre 1971 et 1980 nous éclaire et aiguise nos connaissances sur le mouvement wallon. L'auteur exploite 750 caricatures et pénètre au plus profond des mentalités d'une frange déterminée de la société belge des années septante, décennie qui voit la Belgique négocier un tournant décisif de son histoire. En effet, c'est à cette période que celle-ci se mue en état fédéral dans lequel différents milieux régionalistes s'expriment à travers le dessin de presse.
    Ainsi, des imaginaires collectifs s'exposent dans une vision ultra-subjective de la réalité. La caricature politique belge de cette époque nous livre non seulement la perception des Wallons et des Flamands les uns des autres, mais aussi l'image que chacun a de lui-même.
    Cet angle d'approche des mentalités d'une époque révolue participe à la compréhension d'une Wallonie en marche.




  • Lauréats du prix 1999
  • Stéphane HAZEE, lauréat du prix de mémoire :
    Le financement des grandes infrastructures publiques de la Région wallonne. Les infrastructures de communication, Université de Liège, 1997.

    Résumé :

    Le travail s'attache, d'une part, à étudier les contraintes budgétaires dans lesquelles la Région wallonne doit inscrire les politiques qu'elle décide de mettre en œuvre; il fournit, d'autre part, un examen approfondi des systèmes alternatifs de financement qu'elle a développés dans le secteur des infrastructures de communication pour tenter de dégager une marge de financement apte à répondre aux besoins qu'elle estime devoir prendre en compte à ce niveau.
    D'un côté, il convient ici d'observer qu'une gestion qui veille à assurer la pérennité, à terme, de finances publiques saines, apparaît aujourd'hui comme une condition essentielle à la viabilité de l'institution régionale elle-même, et donc, plus largement, à une mise en oeuvre continue des politiques décidées et d'un développement durable pour la Wallonie et ses habitants. La maîtrise pleine et entière des dispositifs de financement extra-budgétaires — lesquels constituent l'objet principal de l'étude— se révèle à cet égard, tout à fait déterminante.
    D'un autre côté, le champ choisi pour analyser plus systématiquement l'objet de ce travail, le secteur des infrastructures des communications (réseau routier et autoroutier, voies hydrauliques et aéroports), s'avèrent également constituer un aspect important dans le développement de la Wallonie.




  • Lauréats du prix 1998
  • Muriel DEJEMEPPE, co-lauréate du prix de mémoire :
    Le taux de sortie du chômage en Wallonie: une étude empirique sur la dépendance à la durée, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 1996-1997.

    Résumé :

    Le travail contribue à approfondissement du diagnostic des causes du chômage structurel en Wallonie. Il démontre en effet que l'enlisement des chômeurs de longue durée en Région Wallonne n'est pas la simple conséquence d'une période prolongée d'inoccupation entrainant, notamment, une démotivation et une détérioration des qualifications. Au contraire, il résulte principalement des caractéristiques individuelles des chômeurs, peu valorisées ou demandées sur le marché du travail et ce, déjà au moment de leur entrée dans le chômage. Cette analyse soutient ainsi l'explication du chômage structurel en termes d'inadéquation structurelle des qualifications entre l'offre et la demande de travail au détriment des personnes les moins qualifiées. D'autre part, ce mémoire insiste sur l'importance de poser un diagnostic des causes du chômage structurel avant d'évaluer l'efficacité des politiques en faveur de l'emploi. Le travail et ses développements ultérieurs, toujours en cours, ont ainsi permis de jeter un regard critique sur les mesures en faveur de l'emploi menées en Wallonie. Ils ont également permis de formuler une série de recommandations au niveau de la conception des politiques d'emploi.


    Valérie ROUSSEAU, co-lauréate du prix de mémoire :
    Femand Flausch, Université de Liège, Liège, 1998.

    Résumé :

    Fernand Flausch, artiste liégeois contemporain, est l'auteur d'une œuvre vaste et diversifiée, qui appartient au patrimoine culturel wallon. Outre une production mobilière, de style et de format divers, consacrée principalement aux thèmes de la ville, de la lumière et la bande dessinée, Flausch est également l'auteur de plusieurs réalisations monumentales décoratives et/ou publiques, disséminées un peu partout en Wallonie et à Bruxelles, et participant à l'intégration d'un art urbain au quotidien.
    C'est en 1969 que Flausch effectue sa première commande officielle, sous forme d'un panneau émaillé illustrant la relation communautaire, destinée au bureau du ministre Freddy Terwagne. Plus tard, il exécute diverses fresques pour des bâtiments publics de Spa, Liège ou encore Bruxelles. Son œuvre la plus connue est sans aucun doute “ la mort de l'automobile ” prenant place dès 1980 dans le site du Musée en plein air du Sart-Tilman. Par la suite, on retient encore, parmi d'autres œuvres, la décoration du plafond de la galerie commerciale “ Opéra ” (1982), ainsi que les fresques de la galerie “ Belle Île ” (1995), toutes deux à Liège. L'artiste orne également la station de métro bruxelloise Ribeaucourt (1988) et le dôme de l'hôtel “ Syru” (1989). À Liège, l'artiste participe en 1993 à la rénovation de la façade du cinéma “ Churchill ”. Récemment, c'est le mobilier urbain de la nouvelle Place Saint-Lambert qui alimente surtout les projets de Flausch.




  • Lauréats du prix 1997
  • Denise VAN DAM, co-lauréate du prix de thèse :
    Les représentations culturelles et politiques. Le cas des dirigeants en Flandre et en Wallonie, Université de Liège, Liège, 1995-1996.

    Résumé :

    L'étude porte sur les représentations des milieux dirigeants flamands et wallons. Étant entendu que l'imaginaire joue un rôle fondamental dans la construction de la réalité sociale, ici la Wallonie, l'enjeu est de cerner autant que possible le contenu des identités culturelles respectives et, dans une perspective comparative, d'en tirer les conclusions qui s'imposent du point de vue de l'identité wallonne.


    Pierre VERJANS, co-lauréat du prix de thèse :
    Les matrices identificatoires à l'œuvre dans le Mouvement ouvrier chrétien à l'heure du déclin du cléricalisme (1968-1996). Les relais politiques des organisations ouvrières chrétiennes en Wallonie, 2 vol., Université de Liège, Liège, 1996-1997.

    Résumé :

    Le travail pose la question des relais politiques des organisations ouvrières chrétiennes en Wallonie durant la dernière génération. La méthode adoptée est celle de l'analyse structurale recourant à la construction de matrices identificatoires basées sur les oppositions mises à jour par Stein Rokkan et des articulations basées sur l'idée de priorité politique. Le terrain exploré est constitué par les attitudes politiques des principales organisations ouvrières chrétiennes depuis le distancement de 1968.


    Laurent HENIN, co-lauréat du prix de mémoire :
    Le slalom belge. Étude du problème communautaire à travers la caricature politique (1961-1970), Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 1997.

    Résumé :

    Les années 1960 constituent un tournant décisif dans la marche de la Belgique vers le fédéralisme. C' est en effet durant ces dix années que le pays abandonne progressivement ses structures unitaires et s'engage résolument sur la voie de la communautarisation et de la régionalisation. C' est également à cette époque que les composantes culturelles, économiques et politiques de la nation se voient imposer un périlleux slalom entre les problèmes communautaires: querelle linguistique, affaire de Louvain, disparités économiques, réforme des institutions... autant de portes entre lesquelles Wallons, Flamands et Bruxellois, socialistes, sociaux-chrétiens, libéraux, Volksunie, F.D.F. et Rassemblement Wallon durent se faufiler. Étudier les caricatures politiques publiées à cette époque dans 't Pallieterke, Pourquoi Pas ? , Combat, Wallonie Libre et Forces Wallonnes, c'est comparer l'impact et la perception des faits dans l'imaginaire collectif du Nord, du Sud et de la capitale. C'est reconstruire un univers mental volontairement manichéen à partir de dessins profondément moralisateurs, réducteurs, effrontés et chargés de stéréotypes. C'est accéder à l' expression à haute voix de l' opinion de la majorité silencieuse. C'est opter pour une lisibilité immédiate et une puissance synthétique et imaginaire que l'écrit atteint difficilement. C'est choisir une source parfaitement légitime et extrêmement utile pour l'historien des mentalités.

     

    Marie-Hélène HERNOULD, co-lauréat du prix de mémoire :
    Fonds social européen : politique de besoin ou besoin de politique ? Analyse d'une expérience, Haute école Charleroi Europe. Institut Cardijn, Louvain-la-Neuve, 1997.

    Résumé :

    Depuis 1994, le Hainaut est éligible au titre de l'objectif 1 des Fonds structurels européens. Si la situation économique y est particulièrement dégradée, les problèmes qui s'y posent ne sont qu'une illustration particulièrement aiguë du déclin qui s'est amorcé en Wallonie dès l'après-guerre. L'objet du présent travail consiste à tenter de déterminer comment mettre en œuvre un développement démocratique intégrant toutes les dimensions de la réalité sociale.
    La question sera traitée sous un angle particulier : celui du Fonds social européen dans le cadre d'une analyse des filières de réinsertion professionnelle mises en place en Hainaut Occidental. Cette approche qui peut sembler restreinte de prime abord face à la problématique du développement wallon, ne l'est qu'en apparence: le Fonds social européen se veut en effet, dans ses modalités concrètes d'application et d'octroi de subsides, garant et reflet (complément) des politiques menées par les autorités concernées, ici la Région Wallonne.
    Ainsi derrière la question singulière du Fonds social européen et des filières mises en place, se cachent d'autres questions plus fondamentales du point de vue du développement wallon : comment les objectifs de développement économique sont-ils conciliés et conciliables avec les objectifs de politique sociale et/ou culturelle ? Quels rapports entretiennent ces facteurs ? Sont-ils suffisamment articulés pour garantir un développement participatif et durable ?




  • Lauréats du prix 1996
  • Nicolas GILSOUL, lauréat du prix de mémoire :
    Jean Cosse. De l'enseignement à l'Œuvre, Institut supérieur d'architecture Saint-Luc, Bruxelles, 1995-1996.

    Résumé :

    Le travail traite de l'architecte Jean Cosse, de son rapport au lieu et au patrimoine construit et naturel. Homme de Wallonie — il est né à Hemptinne — Jean Cosse se définit lui-même comme un homme de la terre.
    À travers son enseignement et ses œuvres, transparaît toujours le désir de faire une architecture du lieu, en continuité avec le passé mais qui exclut l'anecdote ou le pastiche. Il prône l'utilisation des ressources locales, ses matériaux, ses techniques et son savoir-faire, dialogue avec le climat et respecte le paysage, son relief, sa nature et son patrimoine. Ce respect implique la compréhension de ce patrimoine, lu comme manifestation de l'imaginaire culturel mais aussi comme un recueil d'expériences, de bon sens et de potentialités. Jean Cosse propose de s'intégrer tout en apportant du neuf en concevant une architecture d'aujourd'hui, novatrice autant que respectueuse des possibilités inscrites dans les matériaux et leur juste technique de mise en œuvre. Que ce soit à travers la maison Goethals à Ohain, l'école de Châtelet, le monastère de Clerlande à Ottignies ou l'église de Louvain-la-Neuve, Jean Cosse lègue aux générations futures, une architecture du présent et la mémoire de l'histoire dans ses acquis et ses questionnements.




  • Lauréats du prix 1995
  • Thibaut HOGGE, lauréat du prix de mémoire :
    Patrie et enseignement : le récit du passé national dans les manuels d'histoire de Belgique destinés au.x écoles primaires (1830-1914), Mémoire de licence en histoire, Université catholique de Louvain, 2 vol., Louvain-la-Neuve, 1994.

    Résumé :

    La recherche se base sur l' étude de plusieurs manuels scolaires d' histoire nationale du siècle dernier, moyens d'accès privilégiés à l'étude de la réalité quotidienne de l'enseignement de cette époque. Par une analyse qualitative, quantitative et iconographique, il tente d'approcher les moyens mis en œuvre par ces livres d'école pour forger ou entretenir dans le creur des jeunes élèves, sous le couvert du récit du passé de la Belgique, un sentiment national belge. Dans cette perspective, il examine en particulier la façon dont les manuels ont procédé pour affirmer et légitimer une nation belge et susciter une admiration et un attachement à son égard. Souhaitant vérifier le bien-fondé des reproches que les ténors du mouvement wallon, tant au XIXe qu'au X Xe siècle, ont régulièrement adressés au contenu des cours d'histoire de Belgique, jugés trop silencieux sur le passé wallon, il constitue également une tentative d'appréhender les conséquences de l'orientation patriotique des manuels sur le récit du passé propre à la Wallonie. Ce travail souhaite ainsi introduire une réflexion plus large sur la nature de l'information que les jeunes Wallons du siècle dernier ont reçue du passé de leur région et sur la mémoire collective, qui de ce fait, a été créée. La persistance d'un enseignement patriotique jusque tard dans le XXe siècle, associée à la très lente évolution des mémoires collectives en général, autorise les conclusions majeures du travail à susciter une interrogation sur la perception actuelle des Wallons de leur propre histoire.




  • Lauréats du prix 1994
  • Philippe RAXHON, lauréat du prix de thèse :
    La référence à la Révolution française de 1789 en Belgique (1830-1914). Le cas particulier de Liège, Thèse de doctorat en histoire, Université de Liège, Liège, 1992-1993.

    Résumé :

    L'objet de cette thèse de doctorat est l'étude des fondements et de l'amplification de la référence à la Révolution française en Belgique, et plus particulièrement sur le territoire de l'ancienne principauté de Liège, certes pour des raisons d'économie documentaire, mais surtout parce que Liège connut sa révolution originale en 1789, et lia son destin à celui de la France en 1793. Principauté ecclésiastique indépendante, Liège fut réunie à la République française, avant d'être intégrée dans les Pays- Bas puis dans la Belgique indépendante. L'ancienne capitale vécut la transition révolutionnaire de manière particulièrement active, puisque cette transition conduisit à une désarticulation de la principauté de Liège, et à une remise en question de l'identité liégeoise, à la source d'une pesanteur mémorielle, d'une nostalgie exacerbée que nourriront le romantisme et l'expression néo-gothique. Remarquons que l'étude déborde largement ce cadre géographique, lorsqu'une approche comparative s'impose, mais aussi parce que, dans l'ordre de l'histoire des mentalités, il faut tenir compte de réalités culturelles, sociales, religieuses ou politiques qui débordent les frontières choisies.
    La constitution du corpus de sources a été déterminée par une large ouverture d'esprit sur la définition même de ce qu'il convient d'appeler les supports de la mémoire. Le document écrit et le document non écrit ont mobilisé toute l'attention de l'auteur, sans négliger aucune forme d'expression du souvenir. L'étude de la presse a permis une lecture, sur la longue durée, de la survie ou non de la référence révolutionnaire à travers une source de masse, et publique. Les Annales parlementaires, les livres, les brochures, les publications les plus diverses ont alimenté ce travail, ainsi que les archives de police pour le souvenir révolutionnaire dans le monde socialiste au XIXe siècle.
    Mais cette dimension écrite du souvenir était insuffisante, et par l'approche du lieu de mémoire, par le regard posé sur la trace la plus modeste ou sur la tradition survivante, l'auteur a cherché à savoir comment s'articulaient les références révolutionnaires dans la mémoire collective. On pourrait voir dans les manifestations autres que littéraires du souvenir révolutionnaire un simple relais du discours historiographique ou politique. Il n'en est rien, car il y a une superposition de l'ensemble des supports qui donne sa configuration particulière à la mémoire révolutionnaire. Une quête des objets et des sites s'est donc imposée, dans les musées, mais aussi sur le terrain, dans les campagnes, les rues de Liège ou les cimetières.


    Didier HENROTTE, lauréat du prix de mémoire :
    Analyse du chômage frictionnel/structurel et de la courbe de Beveridge. Application aux Régions Wallonne et Flamande, Mémoire de licence en économie, Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, Namur, 1994.

    Résumé :

    En cette fin de vingtième siècle, les Régions wallonne et flamande, tout comme la plupart des pays de l'OCDE, font face à un taux de chômage élevé et persistant. De nombreux facteurs sont à l'origine de ce malaise. Pensons notamment à la faible croissance de la production, au manque de compétitivité à l'exportation, aux délocalisations, etc.
    D'autres explications, de type micro-économique, sont également avancées par de nombreux chercheurs. Ces derniers mettent en avant les problèmes d'adéquation entre l'offre de main-d'oeuvre (la population active) et la demande de travail (les offres d'emplois). A travers ce mémoir, l'auteur a voulu analyser, pour les deux principales régions du pays, la relation entre le taux de chômage et le taux de vacances d'emploi (le nombre d'emplois vacants par rapport à la population active) en utilisant comme outil d'analyse la courbe de “Beveridge”.




  • Lauréats du prix 1993
  • Arnaud PIROTTE, lauréat du prix de mémoire : L'apport des courants régionalistes et dialectaux au mouvement wallon naissant. Une enquête dans les publications d'action wallonne de 1890 à 1914, Mémoire de licence en histoire, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 1993.

    Résumé :

    L'historiographie présente habituellement le mouvement wallon comme un courant né en réaction aux premiers succès du mouvement flamand. Sans nier cet aspect, l’enquête menée ici à travers la presse d'action wallonne entre 1890 et 1914 et dans les actes des congrès wallons de l'époque, tente de mettre en lumière les sources et les valeurs plus positives du mouvement wallon. Ces sources positives ont été repérées notamment dans le puissant courant dialectal, dans I' engouement pour le folklore et le passé des peuples ou dans d'autres démarches de redécouverte d'un patrimoine wallon. Le travail montre l'éclosion d'une pensée régionaliste au milieu des ambiguïtés des combats de ce temps ; il analyse aussi les connivences existant avec les autres mouvements régionalistes européens, ainsi qu'avec divers courants artistiques et littéraires.




  • Lauréats du prix 1992
  • Pas de candidat agrégé par le conseil d'administration.




  • Lauréats du prix 1991
  • André LETON, lauréat du prix de thèse :
    Contribution à l'étude des conflits communautaires en Belgique, Thèse de doctorat d'État en sciences politiques, Université de Paris II, Paris, 1989.

    Résumé :

    Au sein de l'État belge, la Wallonie a été de plus en plus confrontée à des conflits d'intérêt qui ont généré dans la vie politique belge une multitude de conflits communautaires. Comme ces conflits ont évolué au cours du temps, il était intéressant de mettre à jour les analyses qui avaient pu être faites sur des sujets spécifiques et de tenter une analyse globale de ces conflits permettant d'expliquer les événements politiques les plus récents en les resituant dans leur environnement et dans leur perspective historique. Cette démarche conduit donc à la mise au point d'une grille de lecture qui permette une bonne compréhension des conflits dans lesquels la Wallonie est engagée.
    Ce travail paraît d'autant plus utile que les politologues qui publient des essais d'explication générale des problèmes communautaires belges sont essentiellement flamands, les chercheurs francophones choisissant d'autres priorité de recherches. Ainsi, les diverses évolutions de la théorie de la “ consociational democ-racy ”, ou “ démocratie de concordance ”, point de passage traditionnel pour les tentatives d'analyse globale de la vie politique belge sont devenues familières en Flandre, alors que les chercheurs wallons n'en parlent presque pas. Le fait ne serait pas dérangeant si le sérieux scientifique l'emportait toujours sur les passions. Malheureusement, la frontière entre la science politique et la politique est souvent franchie, même par des personnalités scientifiques de renom. Cette confusion des genres est regrettable car, outre qu'elle n'enrichit pas la science politique, elle amène les milieux scientifiques étrangers à accorder du crédit à des thèses plus dignes de propagandistes du Davidsfonds que de chercheurs soucieux d'analyse rigoureuse de la réalité. Il était donc légitime de chercher à reprendre les apports incontestables de la théorie de la “ consociational democracy ”, mais en évitant cette fois les analyses partisanes.
    Après une première partie historique où l'auteur s'est notamment attaché à combler les lacunes des analyses anglo-saxonnes actuelles (sur l'attitude du mouvement flamand pendant la guerre, par exemple. . .), une seconde partie fait le point sur l'aggravation des conflits après les réformes constitutionnelles d'août 1980, à travers l'analyse d'une série de dossiers: sidérurgie, infrastructures portuaires, charbonnages, commandes militaires, télécommunications, politique énergétique, train à grande vitesse, emplois publics, etc.


    Florence LORIAUX, lauréate du prix de mémoire :
    Jean Caeluwaert (1846-1918). De la fosse à l'hémicycle, Mémoire de licence en histoire, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 1991.

    Résumé :

    Le 30 septembre 1984, le Roton, dernier charbonnage wallon, fermait ses portes. 150 années plus tôt, une activité charbonnière intense, qui atteignit son apogée dans la seconde moitié du XIXe siècle, marqua profondément la terre wallonne, au point de dénaturer l’aspect physique de ces régions, en couvrant ses paysages autrefois champêtres de nombreux terrils. Derrière cet aspect économique, se cache une réalité humaine : le “ continent noir ”, s’il apportait la richesse et la prospérité a certains, créait cependant la misère, la maladie et la mort pour de nombreux autres. Les conditions de travail étaient pénibles et les conditions de vie l'étaient tout autant.
    Cette vie a été celle d'une grande majorité de mineurs, qui représentent d'ailleurs le groupe le plus important du prolétariat wallon (45.000 en 1844, ils sont 116.000 en 1896 et 140.000 en 1910, parmi lesquels les 2/ 3 sont occupés dans le Hainaut. Des hommes ont lutté au nom de la classe ouvrière afin d'obtenir une existence plus décente et la reconnaissance de leurs droits politiques. Parmi eux, l'étude s'est attachée à retracer la vie et les luttes d’un ouvrier mineur, leader syndicaliste wallon, Jean Caeluwaert (1846-1918), qui fut le propagandiste en Wallonie d'un mouvement syndical tout à fait particulier et d’origine américaine : les “ Chevaliers du travail ”, surtout répandus dans la région de Charleroi.




  • Lauréats du prix 1990
  • Pas de candidat agrégé par le conseil d'administration.




  • Lauréats du prix 1989
  • Roland GAUVRY, co-lauréat du prix de mémoire :
    À propos de Anciaux, Beaucarne, Cabay… ou l’A.B.C. d'une Wallonie chantée, Mémoire de licence en philologie romane, Université de Liège, Liège, 1989.

    Résumé :

    Les musiciens, et avec eux les chanteurs, possèdent cette faculté de pouvoir devenir rapidement de puissants ambassadeurs culturels de régions ou de réalités méconnues, inconnues ou tues. En Wallonie, malgré la pénétration de la chanson anglophone dans les médias, un Julos Beaucarne a réussi, sans renier sa “ régionalité ”, à faire entendre sa poésie et sa musique. Après lui et autour de lui, de nombreux créateurs wallons, sensibles à une semblable recherche de qualité artistique, ont tenté de se faire entendre et de faire mieux entendre leur région, la Wallonie. Parmi ceux -ci, Philippe Anciaux et Guy Cabay, avec des techniques et des thématiques dont les différences constituent et confortent l'exemplarité de leurs démarches, fournissent une illustration à la fois de la richesse du patrimoine culturel de notre région (diversité de ses identités, force de son caractère et vitalité de sa créativité) et de la relative pauvreté du succès qui sanctionne finalement une telle production.
    L'étude vise autant à informer de l'existence de d'artistes en Wallonie, aux reuvres de qualité, aussi originales qu'attractives, qu'à sensibiliser, au-delà de tout cloisonnement des publics, à un ensemble de réalités, linguistiques et culturelles, mais aussi historiques, sociales et politiques, dont trop ignorent encore qu'elles déterminent à la fois la spécificité wallonne, l'identité des Wallons et la réalité de la Wallonie de demain.


    Arnaud GAVROY, co-lauréat du prix de mémoire :
    Pensée et itinéraire politiques de François Bovesse. 1890-1937, Mémoire de licence en histoire, Université catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 1989.

    Résumé :

    Politiquement, la Wallonie s'impose aujourd'hui comme une réalité irréversible. La région wallonne a des institutions, un gouvernement, un budget et une capitale. Mais qu'en est-il du sentiment wallon, ou plus précisément, du sentiment et de la volonté de partager un même passé et de participer à un même devenir ? À l'image de l'Europe, l'institution wallonne ne risque-t-elle pas de se situer comme une superstructure au-dessus de la masse ? Il appartient aux historiens - et c'est dans cette perspective que ce travail se situe -d'effectuer un travail de réappropriation du passé, garant d'une nouvelle dynamique.

     

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